Je suis tombée de haut. J'ai déjà été si bas qu'il paraissait dur de s'imaginer qu'il y avait encore un niveau au-dessous.
Je connaissais ces mots par coeur, je les avais lus et relus, les yeux encore gonflés de sommeil, je me rappelle de chaque mot, chaque point, chaque faute d'orthographe. Ma seule réponse fut pourquoi. Pourquoi moi, pourquoi maintenant, pourquoi m'avoir redonné de l'espoir quand j'avais consommé tout ce qu'il m'en restait, pourquoi ne pas me laisser crever seule dans mon trou jusqu'à ce que la lumière m'attire, pourquoi ne pas me laisser soigner mes blessures jusqu'à ce que je me relève ?
Je ne voulais plus le revoir, je ne voulais plus lui parler, tout était très bien, je souffrais en silence dans ma solitude, je ne savais plus rien de sa vie, je ne pensais plus à lui constamment.
Tu sais, je n'avais plus aucune larmes. Je les avais toutes pleurées. Comme un homme amputé de la jambe et qui sent encore son pied le démanger, je les sentais monter, me brouiller les yeux, s'accrocher dans mes cils et glisser le long de mon visage. Mes joues restaient sèches. Mes larmes s'étaient taries.
Tu m'avais tout pris, je n'avais plus que mes yeux, et même pas pour pleurer. Je suis sans défense. Je n'ai plus de larmes, plus de voix, plus d'envies, plus de rêves, plus d'espoir, pourtant mes yeux brillaient quand je pensais à te revoir. J'ai vite déchanté et mes yeux se sont voilés. Trop tard, j'avais dans mon coeur la morsure de l'espoir. Son venin s'était emparé de chacune de mes veines, chacun de mes muscles, jusqu'à s'infiltrer dans mes os. Et tu as frappé fort, très fort. Putain je te le cracherais au visage, ton bonheur à la con. Tu vois pas que je crève ? Mais merde, tu penses que je peux faire comme si de rien n'était ? Tu pense vraiment que je te fais la tête, c'st ça qui te chagrine ? Mais je me vide de mon sang là, et toi tu veux juste avoir bonne conscience. Je ne peux plus t'atteindre, là où tu es. Je ne veux plus jamais te revoir.
R.I.P